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Ce que nous faisons pour réduire le recours aux banques alimentaires dans l’avenir

Ce que nous faisons pour réduire le recours aux banques alimentaires dans l’avenir
Dans un pays riche comme le Canada, il est difficile d’imaginer que certaines personnes n’ont pas les moyens de nourrir leur famille. Bien que les banques alimentaires et d’autres organismes de bienfaisance soient là pour répondre aux besoins immédiats, Phil Ozga, directeur, Relations gouvernementales et engagement politique, travaille fort en coulisse pour trouver des solutions durables à l’insécurité alimentaire.

« Notre mission comporte deux volets, soulager la faim aujourd’hui et prévenir la faim demain, et je me concentre particulièrement sur le second. Pour ce faire, il est primordial de s’attaquer aux causes profondes du problème, et la seule façon d’y parvenir est de préconiser un changement stratégique. Nous travaillons à l’élaboration de politiques en examinant les données et en détectant les trous dans le filet de sécurité sociale. Je sais qu’un changement pour le mieux est possible. Il faut simplement s’assurer que le gouvernement le sait aussi. L’insécurité alimentaire est un problème réel au Canada, mais elle est aussi taboue. Vous ne savez peut-être pas que votre voisin peine à mettre de la nourriture sur la table, mais c’est un problème qui existe dans presque toutes les communautés, et nous voulons que le gouvernement en prenne conscience qu’un changement positif est possible grâce à des politiques à long terme. »

Les banques alimentaires voient beaucoup de gens aller et venir, mais ce qui frappe le plus, c’est le nombre d’enfants qui ont recours aux banques alimentaires. Voilà pourquoi Phil et l’équipe travaillent d’arrache-pied pour réduire la faim chez les enfants.

« En 2013, nous avons travaillé sur une politique qui visait à aider les familles à faible revenu ayant des enfants, et c’est ainsi que nous avons us l'idée de créer une nouvelle prestation globale indexée pour aider les familles à faible revenu - qui est maintenant devenue la politique de l’Allocation canadienne pour enfants. Il faut beaucoup de temps pour que les politiques soient mises en œuvre et qu’elles aient un effet, mais en 2016, cette politique est entrée en vigueur. Nous continuons de surveiller les effets de cette politique, et je suis fier de dire que nous avons constaté une diminution du recours aux banques alimentaires chez les enfants, qui est passé de 37 % à l’époque à 34,2 % juste avant la pandémie. Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais le taux a baissé et continue de le faire. Je suis vraiment heureux que nous ayons pu participer à la résolution de ce problème, et avons aidé à développer des politiques gouvernementales saines qui a un effet positif sur les enfants et leurs familles. »

Mais il y a d’autres enjeux. Les personnes âgées vivant seules forment un autre groupe démographique qui a besoin d’aide.

« Nous avons aussi vu une augmentation du recours aux banques alimentaires chez les personnes âgées vivant seules pendant cette période. En plus de vivre seules, certaines sont incapables de travailler. Nous voulions que le gouvernement le constate, alors nous nous sommes mis au travail et nous avons rédigé une politique recommandant au gouvernement d’augmenter le supplément de revenu garanti, qui est un montant versé chaque mois aux personnes de 65 ans et plus. En 2016, le gouvernement a bonifié ce montant de 10 %, et là encore, nous avons pu voir les effets. Le recours aux banques alimentaires par les personnes âgées vivant seules s’est mis à diminuer une fois que cette politique est entrée en vigueur. »

La pandémie a réellement exacerbé le besoin de recourir aux banques alimentaires, et il était maintenant plus important que jamais de sensibiliser le gouvernement à cet enjeu.

« Au début de la pandémie, les problèmes s’aggravaient, et nous le répétions haut et fort au gouvernement. Nous avons clairement indiqué que s’il n’y avait pas assez de programmes sociaux pour aider les gens, le recours aux banques alimentaires exploserait, et heureusement que nous l’avons fait. Il est évident que des programmes comme la PCU (Prestation canadienne d’urgence), et l’Allocation canadienne pour enfants, parmi beaucoup d’autres, ont beaucoup aidé. Même si le soutien du gouvernement a permis d’améliorer la situation, il y a encore des gens qui souffrent, et nous espérons que cet appui se poursuivra longtemps dans la reprise et au-delà. »

Malgré le soutien du gouvernement, le travail est loin d’être terminé.

« Malheureusement, la reprise tarde encore à se faire sentir, mais il ne faut pas baisser les bras. Nous devons non seulement continuer à soulever ces questions importantes, mais aussi fournir des solutions pour y répondre. Les gens ne s’en rendent pas compte, mais les politiques gouvernementales peuvent changer des vies. Et c’est ce que j’aime de mon travail. Faire avancer les politiques peut avoir de profondes répercussions sur des milliers de familles dans tout le pays. Nous devons faire évoluer ces politiques pour éliminer la pauvreté. C’est le seul moyen de réduire le service des banques alimentaires à long terme . »

En attendant, les banques alimentaires continueront à être là pour les personnes qui en ont besoin, non seulement en leur fournissant des denrées, mais aussi en leur apportant tout le soutien nécessaire.

« Les banques alimentaires offrent plus que de la nourriture. Je sais que de nombreuses personnes pensent que les banques alimentaires ne fournissent que des denrées. Pourtant, ce n’est que la pointe de l’iceberg. Elles proposent également d’autres services et elles le font avec dignité. En plus de permettre aux clients d’obtenir toutes les prestations dont ils ont besoin, les banques alimentaires les mettent en relation avec d’autres programmes sociaux. Par-dessus tout, elles ont à cœur leur bien-être. Pour bien des clients, les banques alimentaires sont leur seule planche de salut, le seul endroit où ils peuvent obtenir de l’aide sans jugement. Elles offrent également ce contact humain dont nous avons tous besoin, et cela est inestimable. »

Phil est non seulement fier du travail qu’il a accompli et de celui des banques alimentaires, mais il est également fier de ses compatriotes.

« Ils se sont vraiment mobilisés et le font depuis des décennies. Je n’ai jamais été aussi fier d’être Canadien. Mais je ne suis pas surpris non plus. J’ai vu la générosité des Canadiens. Les gens ne se rendent pas compte que l’existence de ces banques alimentaires repose sur cette générosité. Nous avons reçu un soutien temporaire du gouvernement tout au long de la pandémie, mais avant cela, la population canadienne était là. Aujourd’hui, elle continue d’aider jour après jour. Qu’il s’agisse de dons de denrées, d’argent ou de temps, les Canadiens mettent la main à la pâte. D’ailleurs, la moitié des banques alimentaires au Canada sont dirigées et gérées exclusivement par des bénévoles. Ce n’est pas seulement à cause des actions menées pendant la pandémie que je suis fier. Je ressens cette fierté depuis très longtemps. »

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Faits saillants

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40 %

des aliments distribués par les banques alimentaires canadiennes sont des denrées fraîches (lait, œufs, fruits et légumes frais ou congelés, pain, etc.)