Accueil Lisez notre blog Décembre 2019 Coup de projecteur – Mark LeBlanc, Vestiaire Saint-Joseph

Coup de projecteur – Mark LeBlanc, Vestiaire Saint-Joseph

Coup de projecteur – Mark LeBlanc, Vestiaire Saint-Joseph
Nous souhaitons toujours en apprendre davantage sur les personnes qui travaillent dans les banques alimentaires du Canada! Ce mois-ci, nous braquons les projecteurs sur Mark LeBlanc du Vestiaire Saint-Joseph à Shediac, au Nouveau-Brunswick.


Quel est votre rôle dans le réseau des banques alimentaires?
J’occupe le poste de directeur général du Vestiaire Saint-Joseph. C’est un rôle extrêmement diversifié et difficile à définir. J’ai travaillé dans tous les domaines ici, de l’administration de première ligne à l’expédition et à la réception, sans oublier que j’ai été caissier à notre magasin de détail. Je fais même parfois de l’aménagement paysager dans notre serre au besoin.
 
En résumé, je dirais que mon rôle est d’orienter les gens de tous les milieux – nos employés, nos bénévoles, notre communauté et nos bienfaiteurs – vers un objectif commun. En ce qui concerne nos clients, mon rôle consiste à offrir de l’aide, de l’espoir, de l’éducation et des services auxquels ils n’auraient peut-être pas accédé autrement. Il est certainement utile à titre de directeur général d’avoir déjà utilisé les banques alimentaires et vécu l’itinérance.
 
Décrivez votre journée de travail typique en un mot.
Extraordinaire.
 
Qu’est-ce qui vous a motivé à travailler dans les banques alimentaires?
Je ne pense pas avoir été « motivé » à travailler dans les banques alimentaires. En fait, ça s’est produit comme ça, peut-être par hasard, mais quand j’y repense, je suis certain que ce n’était pas accidentel. J’ai connu la maltraitance pendant ma jeunesse et j’ai quitté la maison familiale en Nouvelle-Écosse dès que j’ai eu l’âge de le faire. J’étais au début de la vingtaine et je n’avais peur de rien; j’étais sûr que tout allait bien se passer, même si je n’avais ni toit ni argent. Malheureusement, mon optimisme a été anéanti lorsque j’ai compris que le fait d’avoir faim, d’être sans abri et de ne pas savoir où aller me réduirait à une statistique. Complètement épuisé, j’ai ravalé ma fierté et me suis rendu dans une banque alimentaire.
 
Et l’accueil que m’ont réservé ces gens m’a fait réaliser à quel point ils se soucient vraiment des autres. Et, pendant que j’attendais que l’on me remette mon panier alimentaire, une vieille dame m’a donné un sandwich. Je lui ai dit : « Merci, un jour, je vous rembourserai ce sandwich ». Je me souviens de ce moment parce que j’étais tellement dépassé que je ne savais pas comment réagir autrement qu’en manifestant ma reconnaissance. Ce sandwich et le panier m’ont donné l’énergie nécessaire pour aller de l’avant, et la banque alimentaire m’a aidé à accéder aux ressources dont j’avais besoin pour trouver un endroit où vivre et un emploi à temps plein. Et me voilà de retour ici, des années plus tard. Pour rembourser mon sandwich. Un simple hasard? Ce dont je suis certain, c’est que je suis reconnaissant de me trouver dans une situation où je peux utiliser mon expérience et mes connaissances pour aider les autres. Je travaille avec la meilleure équipe qui soit à la banque alimentaire de Shediac. Elle m’inspire jour après jour. Nous avons comme objectif de réaliser le plus grand bien, cela ne fait aucun doute.
 
Quelle est votre plus grande réalisation dans votre poste actuel?
Je considère chacune des réalisations du Vestiaire Saint-Joseph comme une initiative d’équipe. Je ne peux assumer l’entière responsabilité d’aucune d’elles.
 
Nous avons pris de l’expansion pour devenir un centre d’éducation et offrir de nombreux programmes à nos clients et à notre communauté. Une cuisine éducative, trois salles de classe avec un éducateur à temps plein (équivalence d’études secondaires), une banque alimentaire de style « épicerie » et une nouvelle serre. Tout cela est le fruit du travail d’équipe et c’est notre plus grande réalisation. Je suis « directeur »; je me contente de diriger.
 
Quel est le plus grand défi que vous devez surmonter dans votre poste actuel?
Mon plus grand défi consiste à déterminer comment nous pouvons aider les personnes démunies à améliorer leur sort ainsi que la perception des autres à leur endroit. Nous sommes des individus aussi uniques que les situations que nous vivons. Vous seriez surpris de l’importance que peuvent revêtir les détails. Ces détails peuvent susciter l’enthousiasme, inspirer confiance et changer les perceptions.
 
Si vous pouviez faire un seul vœu pour régler le problème de la faim au Canada, quel serait-il?
Éliminer le gaspillage. En tant que logisticien, je constate que la quantité de nourriture et d’autres articles utiles que l’on pourrait redistribuer est stupéfiante. Avec les bonnes personnes aux commandes, nous pourrions nourrir tout le monde au Canada. Encore une fois, en travaillant en équipe – avec les entreprises, organisations et partis politiques locaux, provinciaux et nationaux. Banques alimentaires Canada est un excellent point de départ pour atteindre cet objectif, et je suis convaincu que l’avenir sera beaucoup plus prometteur dans les prochaines années.
 
Quel talent aimeriez-vous le plus avoir?
Je travaille dans une région majoritairement acadienne française. Cependant, bien que mon nom de famille soit LeBlanc, je ne parle pas très bien le français. La culture et la communauté ici sont remarquables. Mon grand-père, Hector LeBlanc, était un Acadien de Bouctouche et on m’a dit que comme je passais pas mal de temps avec lui enfant, je maîtrisais bien la langue, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je suis actuellement des cours de français et mon cerveau essaie d’apprendre. Les Acadiens sont très accommodants et lorsqu’ils se rendent compte que je ne parle pas le français, ils passent à l’anglais. C’est cependant une compétence que j’aurais aimé maîtriser!
 
Si vous pouviez remonter le temps et vous donner un conseil à vous-même, quel serait-il?
Utilise plus tes oreilles que ta bouche.
 
Qui sont vos héros fictifs ou réels?
Mon plus grand héros est mon professeur de mathématiques de 8e année. M. Roy Grant a été un père pour moi, et ce, jusqu’à son décès en 2014. Il m’a transmis ses valeurs.
 
Quelle est votre conception du bonheur?
Un canot qui descend une rivière sur fond de coucher de soleil. Pêcher sur le lac Mockingee en Nouvelle-Écosse... et toute activité aventureuse et risquée. J’aime surtout passer du temps avec mon fils Keagan et ma fiancée Annie. Ils me gardent sur terre et loin des dangers avec lesquels je serais pris autrement.
 
Quelle est votre devise?
Sois gentil. Sois compréhensif. Sois courageux et fort lorsque c’est nécessaire. Défends les plus faibles et n’abandonne jamais.
 
Apprenez-nous un fait inusité à votre sujet.
Je suis fascinée par les tribus qui ont toujours vécu isolées du reste du monde. Lorsqu’il pleut ou qu’il neige, que mon fils n’a pas besoin de moi et que je ne travaille pas, j’aime bien faire des recherches sur l’histoire des peuples autochtones.
 
Quelle chanson vous représente le mieux?
« Ocean Sized » par Jane’s Addiction.

Vous connaissez une banque alimentaire ou un acteur du milieu que nous pourrions mettre en vedette dans le prochain Coup de projecteur? Écrivez-nous à communications@foodbankscanada.ca.

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Faits saillants

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40 %

des aliments distribués par les banques alimentaires canadiennes sont des denrées fraîches (lait, œufs, fruits et légumes frais ou congelés, pain, etc.)